
Une partie des recherches les plus rigoureuses sur l’agroforesterie et les sols méditerranéens est publiée en français et parvient rarement aux exploitants travaillant en anglais ou en catalan. Pierre travaille en catalan, espagnol, français et anglais, et une part de son rôle consiste à porter ce corpus, sur l’espacement des cultures arborées, la biologie des sols, l’hydrologie et la résilience au feu, vers des conceptions directement utilisables, quelle que soit la langue de l’exploitant.
Parcours et expérience
Pierre est venu à l’agriculture par un chemin inattendu. Une carrière dans l’hôtellerie de luxe internationale lui a montré, de près, à quel point une chaîne alimentaire longue peut être fragile et génératrice de gaspillage. C’est ce qui a tourné son attention vers la souveraineté alimentaire et vers des systèmes agricoles conçus pour la résilience plutôt que pour le gâchis.
Son agroécologie n’est pas théorique. Pierre a travaillé de l’intérieur d’exploitations et d’opérations agricoles variées, conventionnelles comprises, en éprouvant les méthodes régénératives face à une pression économique et opérationnelle réelle. C’est pourquoi AGECO conçoit en tenant compte des contraintes que rencontrent vraiment les exploitants, et pourquoi ses propositions sont faites pour tenir hors des conditions idéales, pas seulement sur le papier.
Son savoir s’enracine aussi dans des années d’apprentissage direct auprès d’agriculteurs, de biologistes et de praticiens de l’agroécologie, dont Rosemary Morrow, Robyn Francis, Clea Chandmal, Eric Escoffier et Pascal Depienne. Il a travaillé aux côtés de consultants en viticulture et en agroforesterie tels que Pascal Madevon, Alain Malard et Rico Zook.
Son parcours dans le vin a traversé plusieurs terroirs. Dans la vallée de l’Okanagan, il a affiné son métier au Uppercase Winery, entre innovation et tradition. À Châteauneuf-du-Pape, il a approfondi son savoir-faire à la Maison Brotte, l’une des appellations les plus exigeantes au monde. À Fully, en Suisse, il a rejoint Pierre-Elie Carron et découvert la précision qu’exige la viticulture de montagne. Chaque étape a façonné sa façon de lire un vignoble aujourd’hui : comme un système fonctionnel, et comme un dialogue avec la terre.
En parallèle de son travail en Europe, Pierre a mené des projets de terrain et d’enseignement au Canada, à La Réunion, à Madagascar, en Colombie, au Nicaragua, au Honduras, en Inde et en Polynésie. Il parle couramment l’anglais, l’espagnol et le français.
Régénération de vignoble, Canada. Refonte d’un vignoble de 4 hectares intégré à la flore indigène au sein d’une réserve naturelle de 200 hectares, pour restaurer la biodiversité et la fonction des sols. Présenté dans le documentaire Otherwise: Living in Harmony, épisode 5, « Regenerative systems ».
Transition polyculture, La Réunion. Accompagnement d’agriculteurs passant de la monoculture de canne à sucre vers une polyculture diversifiée, pour bâtir plusieurs sources de revenu plutôt qu’une seule.
Coopération entre travailleurs agricoles, vallée de l’Okanagan. Création et coordination d’un syndicat multiculturel de travailleurs de vergers et de vignobles, organisé autour de conditions équitables et du partage des compétences.
Hôtel écologique, León, Nicaragua. Construction d’un hôtel à faible impact relié à une économie circulaire locale et à la transformation alimentaire à haute valeur.
Revitalisation rurale, Alta Garrotxa. Accompagnement de la repopulation et du développement de communautés de montagne, dont la transformation d’une masia millénaire en ferme collective et plateforme d’apprentissage autour de la forêt.
Enseignement. Cours d’agroécologie et de permaculture en France, en Espagne, au Honduras et à Madagascar.

Basée dans l’Empordà et la Garrotxa, AGECO accompagne les vignobles, les oliveraies, les vergers et les domaines agricoles dans leur transition vers des systèmes plus résilients, autonomes et rentables.
Le travail combine agroécologie et conception en permaculture : soin des sols et des arbres, gestion de l’eau, choix des espèces, et mise en œuvre par étapes qu’un propriétaire peut suivre saison après saison.
AGECO ne vend pas de modèle unique. Chaque conception dépend du contexte de la terre et des personnes qui la travaillent. L’objectif est simple : laisser le sol, la ferme et les personnes en meilleur état qu’on ne les a trouvés, avec un système qui se finance lui-même et génére un revenu stable sur le long terme.